Label Ecoprod : ce que l'hébergement peut prouver
Le label Ecoprod se gagne sur pièces. Chaque critère validé doit pouvoir être prouvé devant un auditeur. L'hébergement des équipes en fait partie, avec des critères précis et des justificatifs attendus.
Le label en bref
Le label Ecoprod a été conçu par le collectif Ecoprod. Il est administré et audité par AFNOR Certification. Il est attribué à une œuvre, et non à une société. Le référentiel publié en janvier 2025 compte 85 critères répartis en 12 catégories, de la préparation à la remise des masters. Il est aligné sur le référentiel AFNOR SPEC 2308. Cette version 2.0 a aussi introduit des critères sociaux : qualité de vie au travail, parité, inclusion, lutte contre les discriminations. Une version 2.1, en novembre 2025, a affiné le calcul des malus liés aux vols pour les émissions de flux et les séries longues.
Le mécanisme repose sur un score. Chaque critère vaut de 1 à 5 points. Le score est le rapport entre les points obtenus et les points applicables. Les critères non applicables sortent du calcul. Des critères bonus s'ajoutent, et un malus est appliqué pour chaque vol. Pour être éligible, une production doit dépasser 65 % et valider les sept critères impératifs du référentiel. Celui-ci affiche trois niveaux : de 65 à 75 %, de 76 à 87 % et de 88 à 100 %.
Le calendrier compte. Selon le mode d'emploi publié par Ecoprod, la production calcule d'abord son éco-score. Deux mois avant le tournage, si elle dépasse 65 %, elle contractualise avec AFNOR Certification. Pour les longs métrages et les séries, l'audit comprend une visite sur le tournage. À la date de publication, en octobre 2026, Ecoprod indique plus de 250 productions labellisées ou en cours de labellisation.
Les critères où l'hébergement compte
Deux critères de la catégorie Régie visent directement l'hébergement.
I4 : la proximité
Le critère I4 demande si la production a choisi des hébergements accessibles en mobilités douces ou dans un rayon de 15 km autour du lieu de tournage. Il vaut 4 points. Le seuil : au moins 75 % des nuitées. Il est non applicable si la production n'a pas besoin d'hébergements.
I5 : l'engagement environnemental de l'établissement
Le critère I5 demande si la production a majoritairement choisi des hébergements avec des programmes environnementaux clairement définis. Il vaut 2 points. Le seuil : la majorité des nuitées. Ce critère ne tient pas compte de la distance.
Le référentiel cite des labels en exemple : La Clef Verte, l'Ecolabel européen, Green Globe, Gîte Panda, Ecogîte. À défaut de label, l'établissement doit être engagé sur au moins trois des cinq piliers suivants :
- sobriété et efficacité énergétique ;
- réduction des déchets ;
- approvisionnement local ou responsable ;
- préservation de l'eau ;
- services et équipements respectueux de l'environnement.
Sont aussi acceptés l'hébergement chez l'habitant, les appartements partagés, le camping et le bivouac.
Les critères voisins
D'autres critères dépendent en partie du choix des hébergements. Ils relèvent de la catégorie Déplacements. Le critère H1 porte sur le plan de mobilité. Le critère H2 demande au moins trois actions concrètes pour réduire les déplacements à forte empreinte carbone : covoiturage, navettes, vélos, embauche de personnel local, par exemple. Les critères A5 et A6 portent sur les bilans carbone prévisionnel et définitif, réalisés avec un outil sectoriel comme Carbon'Clap, où les nuitées sont comptées par personne.
Les pièces justificatives
Selon le référentiel, l'audit porte sur un échantillon des critères. Il se fait sur site, sur dossier ou en visio selon les cas. Il faut donc pouvoir produire les preuves de chaque critère déclaré.
Les pièces générales
- le référentiel complété, qui indique les critères validés ;
- le bilan carbone définitif, réalisé avec un outil sectoriel ;
- les feuilles de service, le plan de travail et la liste des lieux de tournage ;
- la feuille de route d'éco-production transmise à l'équipe.
Les pièces propres à l'hébergement
- pour I4 : les feuilles de service et la liste des hébergements avec leurs distances aux lieux de tournage ;
- pour I5 : les feuilles de service, la liste des hébergements avec la description de leur démarche et des piliers respectés, et les factures ;
- pour H1 : le plan de mobilité, le plan de travail et la liste des décors ;
- pour H2 : un descriptif de la démarche avec des exemples concrets, le plan de travail et les feuilles de service.
Ce qu'un hébergeur peut fournir
En pratique, la production a intérêt à demander à chaque établissement, dès la réservation, trois éléments. D'abord une copie de son label s'il en a un, ou à défaut une description écrite de sa démarche sur les cinq piliers. Ensuite l'adresse exacte et les modes d'accès au décor. Enfin des factures détaillées par nuitée. Reconstituer ces pièces après le tournage prend toujours plus de temps.
L'annuaire des prestataires Ecoprod
Ecoprod publie un « Annuaire des prestataires et des experts de l'éco-production ». Il regroupe trois listes : les prestataires éco-responsables, les expert·e·s en éco-production et les membres Ecoprod. La recherche se fait par zone géographique : France métropolitaine, Outre-mer et international.
Le référencement passe par une demande en ligne. Il est gratuit. Le formulaire demande notamment une description de la démarche RSE, la catégorie de l'offre, les critères éco-responsables, l'évaluation environnementale et les indicateurs proposés aux clients. Le demandeur atteste sur l'honneur l'exactitude des informations.
Une limite doit être comprise. Ecoprod précise que les informations de l'annuaire sont déclaratives et relèvent de la responsabilité du déclarant. Figurer dans l'annuaire ne constitue donc pas une preuve en soi. Pour un critère comme I5, l'auditeur attend la description de la démarche de l'établissement et les factures. L'annuaire reste un bon point de départ pour repérer des partenaires. Le référentiel y renvoie pour plusieurs critères, sans obligation d'y recourir.
Label et Prime RSE+ : deux dispositifs distincts
Le label Ecoprod ne doit pas être confondu avec la Prime RSE+ du CNC. Cette prime forfaitaire de 28 000 euros s'appuie sur le référentiel AFNOR SPEC 2308 et exige les 26 actions des niveaux 1 et 2, vérifiées par AFNOR Certification sur pièces après le tournage. Elle concerne les fictions en prises de vues réelles d'initiative française, de 60 minutes et plus, dont le tournage a commencé à partir du 1er septembre 2025. À la date de publication, la page du CNC consacrée au dispositif ne mentionne pas d'action propre à l'hébergement, mais un chapitre sur l'énergie et la mobilité. Les deux démarches partagent une même logique : prévoir, documenter, prouver.
Chez .FLAIYR., la coordination des séjours intègre ces exigences dès la recherche d'hébergements : distances au décor, démarche des établissements, factures par nuitée. Les pièces se constituent au fil du tournage, et non dans l'urgence de l'audit.
Prudence. Cet article présente des repères pratiques, à jour à la date de publication (octobre 2026). Il ne constitue pas un avis juridique ni une interprétation officielle du référentiel Ecoprod ou des règles d'aides du CNC. Le référentiel en vigueur, les documents d'AFNOR Certification et les textes du CNC font foi.
Sources
- Ecoprod, Référentiel du label Ecoprod (janvier 2025)
- Ecoprod, Plus de 120 productions labellisées : le label Ecoprod évolue en 2025 (consulté le 13 octobre 2026)
- Ecoprod, FAQ Label Ecoprod (consultée le 13 octobre 2026)
- Ecoprod, Label Ecoprod, mode d'emploi (octobre 2025)
- AFNOR Certification, Label Ecoprod pour œuvre audiovisuelle (consulté le 13 octobre 2026)
- Ecoprod, Annuaire des prestataires et des experts de l'éco-production (consulté le 13 octobre 2026)
- Ecoprod, Demande de référencement prestataire (consultée le 13 octobre 2026)
- Ecoprod, FAQ Carbon'Clap (consultée le 13 octobre 2026)
- CNC, La Prime RSE+ basée sur le référentiel AFNOR de la production responsable (11 mars 2026)
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